Vu du cheval

Publié le par gem de modestine

Vu du cheval

De tous les désirs que j'interroge, celui qui m'est le plus précieux, c'est celui de pouvoir me retrouver. De me trouver dans un instant libre de toute représentation, juste présent et disponible, unique mais non isolé. Et en effet; hors de cet état, est-il possible de distinguer ce qui; en l'autre, est leurre ou vérité, paix ou agitation, don ou prédation...

Vers cet état, le désir est moteur, et force est de reconnaître souffrance et joie comme en étant le carburant, ce cela qui nous pousse à venir nous écraser contre les limites de notre être; pressentant qu'il y a entre nous et ces extrémités une essence dont le contenu nous échappe, et que cette agitation qui nous entraîne ressemblerait bien à une tentative de trouver une forme de paix, un repos que l'on pourrait goûter à l'issue de ces combats au caractère un peu désespéré.

De ce jeu, s'il en est un, souffrances et joie n'en sont pas les limites, mais les éléments dont je n'ai plus contrôle dès l'instant où je m'engage à vivre avec l'autre, les autres. Mais je sais aussi que la souffrance ne résulte pas de mon être propre, qu'elle est la conséquence d'une note fausse dans la gamme de nos relations, de ces désirs qui nous projettent si violemment. De cette violence de ne pas être reconnu, de ne pas nous sentir aimé, de ne pas être centré, c'est-à-dire vraiment libre. Prisonnier de cette légende sociale que je ne puis avoir de repos qu'au travers du regard des autres, ce qui est confondre la conséquence de l'équilibre avec sa source. Voilà pourquoi nous créons, voilà pourquoi la créativité, pourquoi nous acceptons quelquefois de patauger dans nos douleurs-jusqu'à libérer, a voir émerger cette spontanéité, qui obéit à autre chose qu'un claquement de doigts, un sifflet, un bon truc...

A suivre...

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